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" Le Promeneur" ou balades du promeneur non solitaire, Blog d'Alain Bucherie

La nature en ville, ou un parking au Technoforum

27 Janvier 2014 , Rédigé par Alain Bucherie

Sur les trois hectares de prairie du Technoforum, trois « exclos » ont été installés. Là, les espaces verts vont observer la nature abandonnée à elle-même.

T

THOMAS BROSSET

t.brosset@sudouest.fr

Trois enclos-exclos. L'expression paraît barbare. Mais elle existe. Il s'agit d'espaces clos sanctuarisés. On y laisse la nature faire ce qu'elle veut et on observe ce qui s'y passe. Il s'agit généralement d'expériences menées dans un but précis : évaluer l'impact réel des ragondins dans les marais de la Dombes, près de Lyon, celui de la grande faune dans la forêt d'Anticosti au Québec, etc.

On s'y est mis à La Rochelle depuis quelques semaines dans les trois hectares du parc du Technoforum. Trois ronds d'environ 10 mètres carrés ont chacun été identifiés, clôturés et flanqués d'un panneau explicatif au beau milieu de ce terrain que certains voudraient voir construit, d'autres transformé en parking, d'autres aménagé en jardin public ou parc pour enfants. « Nous avons choisi les endroits au hasard. Mais nous en avons voulu trois pour pouvoir comparer ce qui pousse dans chacun des exclos », explique Isabelle Bonnet du service des espaces verts.

L'expérience Gilles Clément

« Cela fait plusieurs années maintenant qu'on planche sur la question. En 2009, on avait fait venir le fameux paysagiste Gilles Clément, auteur du jardin en mouvement, pour qu'il nous aide à réaliser un espace exemplaire de gestion différenciée. Mais force est de constater que ça n'a pas marché. La première année, la jachère fleurie a plu. Mais les années suivantes, nos équipes n'ont pas su s'approprier la démarche de Gilles Clément. Le travail de suivi était trop contraignant », constate Alain Bucherie, adjoint à l'environnement de la Ville de La Rochelle.

D'où cette impression que, depuis plusieurs années, rien ne se passe dans la prairie du Technoforum. « Pourtant, avec l'arrêt des pesticides depuis plus de quatre ans, nous avons constaté que de nombreuses espèces de fleurs et d'oiseaux reviennent. Mais il faut bien admettre que les Rochelais ne se sont pas appropriés cet espace trop vide pour autant. Les étudiants le traversent pour aller en cours et c'est tout », poursuit Alain Bucherie. Les élus réfléchissent donc à la possibilité de mettre des bancs, des jeux pour enfants.

Trois hectares

Pourquoi des exclos, alors ? « Le reste de la prairie, on le tond de temps en temps. Du fauchage tardif à l'ancienne pour maintenir la biodiversité. À l'intérieur des exclos, on ne tond pas. On laisse pousser et on observe la différence pour la faune et la flore. »

Au printemps, la nature devrait donc reprendre ses droits d'une manière ou d'une autre, dans ou hors des ronds. On sait déjà que, depuis 2010, certaines orchidées sont revenues, que les chardonnerets, les chochevis huppés, les traquets motteux recommencent à voleter dans la prairie, qu'on y a aperçu un épervier chasser ainsi que des faucons crécerelles épier la sortie de terre des mulots et campagnoles. La nature, la vraie.

Mais le printemps, c'est également la saison où une nouvelle équipe municipale viendra appliquer sa propre politique de la ville. Et trois hectares quasiment vierges au cœur du quartier des Minimes, ça pourrait ouvrir l'appétit des aménageurs de tout poil.

Alors, parking, logements, jardin public, jachère fleurie, parc animalier ?

Il est encore temps de demander aux candidats ce qu'ils comptent faire.

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Recyclons nos sapins !

11 Janvier 2014 , Rédigé par Alain Bucherie

Un espace de collecte a été constitué place de Verdun. Les arbres collectés seront broyés et utilisés en paillage dans les espaces verts de la ville

Pour permettre aux Rochelais de recycler intelligemment leur sapin, la Ville de La Rochelle a mis en place un espace dédié. Durant une semaine, à compter de ce mercredi 8 janvier, particuliers et commerçants peuvent déposer leur sapin place de Verdun.

Ils doivent être remis sans pot ni sac plastique ou décoration.Les arbres ainsi collectés seront broyés et utilisés en paillage dans les espaces verts de la ville pour protéger et améliorer les conditions de culture.

Il est également possible de les déposer en déchetteries, toujours sans pot, ni sac plastique ou décoration.

sud ouest du 7/01/2014

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Ecureuiloduc dans les parcs de la Rochelle

11 Janvier 2014 , Rédigé par Alain Bucherie

L'écureuilloduc : un dispositif original de sécurité routière conçu pour les écureuils.

Inauguré en 2012, 'l'Ecureuilloduc” de La Rochelle fait partie de ces initiatives locales visant à protéger des espèces qui font le charme et la richesse de nos espaces verts urbains. À condition aussi de lever la tête et d'observer...

Deux parcs, un filin tendu au-dessus de la route, un petit panier rempli de noix... et voilà un passage protégé pour écureuils entre les parcs Franck-Delmas et d'Orbigny situés dans le haut de l'allée du Mail. Baptisé 'Ecureuilloduc”, ce dispositif a été conçu suite au lancement d'un atlas de la biodiversité communal (ABC) qui a permis de recenser, avec la participation des habitants, cinq espèces phares. Ainsi, l'hirondelle, le hérisson, les orchidées, les papillons et nos fameux petits rouquins constituant cette biodiversité dite ordinaire qui peuple nos parcs et jardins.
« Nous avons constaté que cette zone était particulièrement accidentogène pour les écureuils qui passent d'un parc à l'autre pour aller se nourrir dans les chênes verts. Nous avons donc sécurisé leurs déplacements avec ce dispositif équipé d'appâts pour les inciter à emprunter cet itinéraire et ça fonctionne ! L'idée étant de travailler, entre autres, sur des corridors écologiques pour assurer des liaisons entre les différents espaces verts de la ville et protéger ainsi des espèces tout en sensibilisant la population », précise Alain Bucherie, adjoint à l'environnement.

Entretenir et gérer autrement
Ce dispositif peu coûteux a été inauguré l'an dernier par Allain Bougrain-Dubourg, dans le cadre d'une conférence sur 'La biodiversité dans la ville” visant à développer une véritable cohabitation entre la faune, la flore et les habitants qui portent progressivement un nouveau regard sur la nature. De nouvelles pratiques se développent comme la façon de tailler ou de tondre afin de respecter les habitats, la mobilité, l'implantation des animaux et des plantes.
« Aujourd'hui, les gens questionnent et communiquent davantage avec les agents des espaces verts qui sont formés pour participer au recensement, à l'identification et à la préservation des espèces. Ils adaptent également leurs pratiques en fonction de l'environnement. D'autant plus que d'ici 2020 les collectivités locales n'auront plus le droit d'utiliser des produits phytosanitaires comme les désherbants responsables de nombreuses pathologies dont certains cancers, d'où l'importance de faire évoluer les pratiques et d'adopter de nouveaux modes de gestion dite différenciée » souligne Emmanuel Pavy, directeur des espaces verts de La Rochelle.

Pour mieux vivre et cohabiter
Un changement qu'il faut certes accompagner, sachant que certains considèrent encore que l'herbe est sale et ramène des mauvaises bêtes comme les rats ou les serpents. Or, depuis cinq ans, la ville de La Rochelle est dans une démarche de forte réduction voire de suppression des désherbants à part pour les cimetières et les terrains de sport. Maintenant, on laisse revenir l'herbe sur certaines surfaces notamment autour des arbres sachant qu'il faut 3 à 4 ans avant la repousse et que la substance des produits phytosanitaires reste active pendant 48 h donc toxique pour tous. Question de choix, celui du bon sens et de cohabitation maîtrisée qui s'appuie, comme le rappelle M. Pavy, sur ce concept de base consistant à dire que l'homme fait partie de la nature. Une interdépendance nécessaire à la survie de chacun. Les écureuils rochelais peuvent désormais en témoigner...

L'Hebdo de Charente maritime du 2 janvier 2014

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