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" Le Promeneur" ou balades du promeneur non solitaire, Blog d'Alain Bucherie

Ecureuiloduc dans les parcs de la Rochelle

11 Janvier 2014 , Rédigé par Alain Bucherie

L'écureuilloduc : un dispositif original de sécurité routière conçu pour les écureuils.

Inauguré en 2012, 'l'Ecureuilloduc” de La Rochelle fait partie de ces initiatives locales visant à protéger des espèces qui font le charme et la richesse de nos espaces verts urbains. À condition aussi de lever la tête et d'observer...

Deux parcs, un filin tendu au-dessus de la route, un petit panier rempli de noix... et voilà un passage protégé pour écureuils entre les parcs Franck-Delmas et d'Orbigny situés dans le haut de l'allée du Mail. Baptisé 'Ecureuilloduc”, ce dispositif a été conçu suite au lancement d'un atlas de la biodiversité communal (ABC) qui a permis de recenser, avec la participation des habitants, cinq espèces phares. Ainsi, l'hirondelle, le hérisson, les orchidées, les papillons et nos fameux petits rouquins constituant cette biodiversité dite ordinaire qui peuple nos parcs et jardins.
« Nous avons constaté que cette zone était particulièrement accidentogène pour les écureuils qui passent d'un parc à l'autre pour aller se nourrir dans les chênes verts. Nous avons donc sécurisé leurs déplacements avec ce dispositif équipé d'appâts pour les inciter à emprunter cet itinéraire et ça fonctionne ! L'idée étant de travailler, entre autres, sur des corridors écologiques pour assurer des liaisons entre les différents espaces verts de la ville et protéger ainsi des espèces tout en sensibilisant la population », précise Alain Bucherie, adjoint à l'environnement.

Entretenir et gérer autrement
Ce dispositif peu coûteux a été inauguré l'an dernier par Allain Bougrain-Dubourg, dans le cadre d'une conférence sur 'La biodiversité dans la ville” visant à développer une véritable cohabitation entre la faune, la flore et les habitants qui portent progressivement un nouveau regard sur la nature. De nouvelles pratiques se développent comme la façon de tailler ou de tondre afin de respecter les habitats, la mobilité, l'implantation des animaux et des plantes.
« Aujourd'hui, les gens questionnent et communiquent davantage avec les agents des espaces verts qui sont formés pour participer au recensement, à l'identification et à la préservation des espèces. Ils adaptent également leurs pratiques en fonction de l'environnement. D'autant plus que d'ici 2020 les collectivités locales n'auront plus le droit d'utiliser des produits phytosanitaires comme les désherbants responsables de nombreuses pathologies dont certains cancers, d'où l'importance de faire évoluer les pratiques et d'adopter de nouveaux modes de gestion dite différenciée » souligne Emmanuel Pavy, directeur des espaces verts de La Rochelle.

Pour mieux vivre et cohabiter
Un changement qu'il faut certes accompagner, sachant que certains considèrent encore que l'herbe est sale et ramène des mauvaises bêtes comme les rats ou les serpents. Or, depuis cinq ans, la ville de La Rochelle est dans une démarche de forte réduction voire de suppression des désherbants à part pour les cimetières et les terrains de sport. Maintenant, on laisse revenir l'herbe sur certaines surfaces notamment autour des arbres sachant qu'il faut 3 à 4 ans avant la repousse et que la substance des produits phytosanitaires reste active pendant 48 h donc toxique pour tous. Question de choix, celui du bon sens et de cohabitation maîtrisée qui s'appuie, comme le rappelle M. Pavy, sur ce concept de base consistant à dire que l'homme fait partie de la nature. Une interdépendance nécessaire à la survie de chacun. Les écureuils rochelais peuvent désormais en témoigner...

L'Hebdo de Charente maritime du 2 janvier 2014

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